Transformer le secteur agro-industriel africain : la technologie et la transparence sont les clés d’une croissance inclusive

par Frédéric Massé, Africa Agriculture Industry Head at SAP Africa

Sweetcorn harvesting with tractor and trailor. --- Image by © Ocean/Corbis

NAIROBI, Kenya, le 3 Décembre 2018, -/African Media Agency (AMA)/- Selon les experts, la population africaine devrait doubler d’ici 2050, ce qui signifie que la demande alimentaire devrait au moins doubler d’ici là sur le continent. Au-delà de nourrir la population, les bénéfices sociaux et économiques induit par l’augmentation de production et de la productivité en Afrique sont évidents. Cet accroissement de production créerait des emplois dans l’agriculture mais aussi dans les activités amonts, avals et de support ; contribuerait à éradiquer la faim ; améliorerait la situation économique des populations et offrirait aux agriculteurs de nouvelles opportunités sur les marchés internationaux. Cela signifie que l’autosuffisance est réalisable et que l’Afrique pourrait être un exportateur net de produits alimentaires contrairement à aujourd’hui.

Cependant, les modèles de transformation de l’agriculture mis en œuvre dans le reste du monde ne sont pas transposables tels quels. En effet, le secteur agricole africain est unique dans la mesure où il est largement dominé par des millions de petits agriculteurs familiaux, qui cultivent de petites superficies avec des techniques agricoles frustres. Ils n’ont qu’un accès limité aux intrants, aux services financiers ou aux technologies et pratiquent essentiellement une agriculture de subsistance en raison de leurs difficultés d’accès au marché. Ces petits agriculteurs familiaux sont l’un des trois groupes qui constituent le secteur agricole africain : les deux autres étant les grandes sociétés agro-alimentaires africaines et multinationales qui opèrent à grande échelle sur le continent et à l’international ; et les petites et moyennes entreprises qui transforment, transportent, raffinent les aliments ou exploitent des exploitations agricoles dans des conditions proches de celles des pays industrialisés.An organic horticultural nursery and farm outside Woodstock. A woman holding a digital tablet. --- Image by © Tim Robbins/Mint Images/Corbis

Selon l’Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO), les 250 millions de agriculteurs familiaux africains produisent 80 % de la nourriture consommée en Afrique. Ces petits exploitants agricoles sont donc essentiels à la sécurité alimentaire, au développement économique et social de l’Afrique : en fait, même si toutes les grandes et les petites et moyennes entreprises opérant sur le continent achevait leur transformation, cela ne toucherait que 20% au maximum du secteur agricole africain.

Aujourd’hui, la transformation du secteur des petits agriculteurs familiaux est freinée par le manque d’accès à l’information, aux meilleures pratiques agricoles, aux intrants (engrais, semences, pesticides), à la mécanisation, aux débouchés commerciaux et aux services financiers. Le petit agriculteur exploite en moyenne une parcelle de moins de 2 ha et gagne moins de 1 000 $ par an, un revenu qui fait vivre toute la famille qui doit contribuer aux travaux agricoles. La transformation de ce secteur nécessite donc une approche concertée – et spécifiquement africaine du fait de l’unicité de son modèle et de ses enjeux.

Assurer une transformation et un développement inclusifs

La transformation du secteur et l”augmentation de la production doivent être inclusives. Cela signifie que la transformation de l’agriculture africaine ne peut pas suivre la même voie que celle suivie par l’agriculture européenne ou nord-américaine. En effet, il n’y aura pas d’exode rural massif vers des emplois industriels. Les 250 millions d’agriculteurs représentent 250 millions de familles qui gagnent et devront continuer à gagner leur vie grâce à l’agriculture. Lorsque la population augmentera, le nombre d’agriculteurs continuera d’augmenter en conséquence.

Black farmer with digital tablet in crop field

Le rôle du secteur privé est crucial dans la transformation de l’agriculture africaine. Les entreprises agro-alimentaires ont un pouvoir d’achat massif, tandis que les petits exploitants agricoles cherchent des moyens d’améliorer la productivité et la qualité ainsi que d’accroître leur production et leurs revenus. Lorsque les agriculteurs sont intégrés dans les chaînes de valeur globales, les deux parties y gagnent : les agriculteurs améliorent leurs revenus en ayant un accès simplifié aux marchés et les entreprises privés ont accès aux matières premières nécessaires à la fabrication de leurs produits.

Toutefois, l’intégration reste un défi. Les vendeurs et les acheteurs manquent de données sur les petits agriculteurs familiaux et leurs coopératives ou autres groupements avec qui ils souhaiteraient travailler. Il n’existe en effet que trop peu de données sur les types de cultures, les zones de production et les perspectives de récolte. Cela complique la planification tout en laissant souvent les petits exploitants agricoles sans les conseils et le soutien nécessaires pour améliorer leur potentiel de production et de revenu. Cela complique également la mise en œuvre par les petits agriculteurs des normes de qualité et de sécurité alimentaire nécessaires pour les entreprises agro-alimentaires.

Les banques ont quant à elles des exigences strictes en matière de gestion de risques qui compliquent l’octroi de financement aux petits agriculteurs familiaux : sans connaissance précise de leur exploitation, de leurs récoltes, de leurs revenus, le risque d’accorder des prêts est tout simplement trop élevé et les taux d’intérêt des prêts qui sont consentis par les banques ou les institutions de microfinance varient entre 20 et 40%, ce qui en limite la portée. Le même phénomène s’observe dans le domaine de l’assurance.

Intégrer les petits exploitants agricoles dans les chaînes de valeur agricoles

La plupart de ces défis peuvent être résolus en connectant les différents acteurs de la chaîne de valeur agricole par le biais de places de marché numériques assurant la gestion des approvisionnements auprès des petits agriculteurs familiaux, la gestion des stocks et la gestion de la commercialisation des produits agricoles et de leur transport. La viabilité de ces places de marché peut être garantie si elles sont opérées par des entreprises privées et financées par des redevances prélevées sur les transactions commerciales qu’elles permettent. En effet, les autres modèles basés sur la philanthropie ou les financements publics nationaux ou internationaux ont montrés leurs limites. Ce modèle privé n’exclut pas le contrôle et la régulation étatique pour éviter la constitution de monopoles.

Farmer Types on tablet computer

L’agrégation des agriculteurs en groupes formels et en coopératives est également nécessaire. Il sera ainsi plus facile de travailler avec eux pour les vendeurs et les acheteurs, mais aussi pour les former et de les accompagner par exemple dans des processus de traçabilité et de certification qui sont généralement obligatoires pour les fabricants de produits alimentaires.

Grâce à ces places de marchés numériques, les banques et les compagnies d’assurance auront accès aux données nécessaires pour réduire leurs risques et pourront ainsi servir le marché inexploité des petits agriculteurs familiaux.

Sur la base de ces données, les fournisseurs d’intrants pourront également vendre directement aux agriculteurs ou aux coopératives. Par exemple, les entreprises d’engrais pourraient augmenter considérablement leurs revenus en travaillant directement avec les coopératives et les petits agriculteurs familiaux. Ces derniers n’utilisent en moyenne que 15 kg d’engrais par hectare en Afrique : nettement moins que la moyenne mondiale de 120 kg/ha et la recommandation de l’Union africaine de 50 kg/ha. Une partie du problème tient au fait que les petits exploitants agricoles n’ont souvent pas d’accès direct aux entreprises d’engrais, mais passent par des intermédiaires qui soustraient une part significative de la valeur en augmentant considérablement les prix. Double conséquence, les petits agriculteurs n’ont pas accès aux quantités d’engrais dont ils auraient besoin, les ventes des producteurs sont limitées par les profits des intermédiaires.

Les acheteurs de produits agroalimentaires pourront acheter plus facilement auprès des petits agriculteurs par l’intermédiaire de leurs organisations, sachant que la quantité et la qualité promises par contrat seront livrées et qu’ils auront les moyens de superviser la progression des cultures et des opérations agricoles.

Enfin, par une meilleure gestion des stocks, des conditions de stockage et un meilleur ajustement de l’offre sur la demande, ces places de marché numériques contribueront également à réduire le gaspillage et les pertes alimentaires qui, selon les estimations de la FAO, représentent aujourd’hui 20% pour les céréales et jusqu’à 50% pour les fruits et légumes de la production alimentaire totale du continent.

La solution de SAP pour l’intégration des petits agriculteurs familiaux aux chaînes de valeurs agricoles

Au cours des dernières années, SAP a travaillé avec un certain nombre d’organisations de petits agriculteurs familiaux et d’entreprises agroalimentaires en Afrique pour développer et tester une solution dédiée pour connecter les petits exploitants aux chaînes de valeur agricoles. Cette solution s’appelle SAP Rural Sourcing Management. Elle est conçue pour saisir, tenir à jour et partager les données individuelles des petits exploitants agricoles – telles que les types de cultures, l’emplacement géographique des champs, la taille des exploitations agricoles, les perspectives de récolte, les transactions de vente de production des agriculteurs entre autres.

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Elle permet aussi de connecter les petits agriculteurs aux fournisseurs d’information (formation aux meilleures pratiques agricoles, données météorologiques, données du marché, etc.) et facilite l’accès des petits agriculteurs à divers intervenants de la chaîne de valeur agricole élargie, y compris les services financiers, les acheteurs et les fournisseurs d’intrants (engrais, semences, pesticides et matériels agricoles).

Pour les gouvernements, l’accès à certaines de ces données est également très important. Il permet de prendre des décisions plus efficaces et efficientes en matière de politiques et d’interventions publiques pour assurer, par exemple la sécurité alimentaire et sanitaire la diversification des cultures ou encore le financement des agriculteurs aux niveaux local, régional et national.

SAP Rural Sourcing Management, parfois associé à d’autres solutions SAP de négoce de matières premières, est actuellement évalué et mis en œuvre dans plusieurs pays africains dans le cadre de partenariats public-privé-producteurs gérés et financés par des entreprises privées.

L’exemple le plus récent est CBI Innovations Ltd. (CBIiL), branche à but lucratif de CBI Nigeria qui a choisi SAP Rural Sourcing Management pour intégrer 850 000 petits producteurs de maïs dans les chaînes de valeur agricoles.

CBIiL associera l’utilisation de SAP Rural Sourcing Management au modèle de conseiller agricole privé qu’ils ont développé : les Community LIFE Agents (LIFE signifie Livelihoods Information Field Entrepreneurs).

Chaque agent LIFE soutient 50 à 100 petits exploitants agricoles. Il s’agit de jeunes diplômés sans emploi recrutés dans les collectivités où ils travailleront. Ils sont formés par CBIiL et équipés d’un appareil Android dédié sur lequel sont installées diverses applications spécifiques à leurs missions. Ils reçoivent des commissions sur les produits et services (intrants, crédit téléphonique, services bancaires, etc.) qu’ils vendent aux agriculteurs et une prime basée sur la croissance de la productivité de chaque agriculteur avec qui ils travaillent.

Un secteur agricole africain florissant, prospère et hautement productif est possible. La transformation des petits agriculteurs familiaux en producteurs performants intégrés dans les chaînes de valeur agro-alimentaires mondiales permettra non seulement de faire croître les économies locales, d’assurer des chaînes de valeur plus efficaces et de garantir l’autosuffisance et la sécurité alimentaire, mais aussi de d’améliorer la vie des 250 millions de petits agriculteurs et de leurs familles.

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Distribué par African Media Agency (AMA) pour SAP Africa

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