Réfugiés et migrants en Libye et en Méditerranée : « Le statu quo ne peut pas continuer » (HCR et OIM)

Le Haut-Commissariat des Nations Unies pour les réfugiés (HCR) et l’Organisation internationale pour les migrations (OIM) ont appelé lundi à ne pas renvoyer les personnes secourus en Méditerranée vers la Libye et à ne pas criminaliser les ONG qui viennent à leur secours en mer.

NEW YORK, Etats Unis d’Amérique, le 23 Juillet 2019,-/African Media Agency (AMA)/- Le Haut-Commissaire des Nations Unies pour les réfugiés, Filippo Grandi, et le Directeur général de l’OIM, António Vitorino, ont participé lundi, à Paris, à une réunion avec des États européens, sur la situation en Méditerranée et sur comment prévenir de nouvelles pertes en vies humaines en Libye. Plusieurs ministres de l’intérieur et des affaires étrangères d’Etat membres de l’Union européenne (UE) y participaient également.

Soulignant que la situation en Libye constituait une « crise humanitaire », le Président français, Emmanuel Macron, qui organisait la réunion à l’Elysée, a rappelé qu’« on ne gagne jamais à rien à la non coopération ».

« La violence survenue ces dernières semaines à Tripoli a rendu la situation plus désespérée que jamais, et il faut désormais agir à tout prix », ont alerté M.M. Grandi et Vitorino, dans une déclaration conjointe publiée après leur participation à la réunion à Paris.

Les chefs du HCR et de l’OIM se sont félicités du consensus qui s’est dégagé lors de la réunion à l’Elysée sur la nécessité de faire cesser la détention arbitraire des réfugiés et des migrants en Libye. Ils ont souligné qu’un processus de libération ordonnée doit être mis en œuvre pour les personnes détenues dans les centres de détention, et pour les transférer vers des zones urbaines ou vers des centres ouverts. « Cela leur permettra de bénéficier ensuite d’une liberté raisonnable de mouvement, d’un hébergement, d’une assistance et d’une protection contre les violences et les abus », ont-ils dit.

Les hauts-responsables onusiens estiment que les agences humanitaires devront alors pouvoir assurer un suivi indépendant de ces personnes avec un accès régulier et sans entrave auprès d’elles. « Compte tenu des risques d’abus, de mauvais traitements ou de décès, personne ne devrait être renvoyé dans un centre de détention en Libye après avoir été intercepté ou secouru en mer », ont souligné M.M. Grandi et Vitorino.

Les chefs des deux agences onusiennes ont également trouvé « encourageant » l’engagement renouvelé des États pour prévenir les pertes en vies humaines dans la mer. « Le statu quo – avec des opérations de recherche et de sauvetage qui sont souvent laissées aux ONG ou aux cargos commerciaux – ne peut pas continuer », ont-ils prévenu. « Un dispositif de recherche et de sauvetage dirigé par les États membres de l’UE est nécessaire, de façon similaire aux programmes que nous avions vus ces dernières années ».

Le HCR et l’OIM appellent également les Etats à reconnaitre le rôle crucial joué par les ONG. « Les ONG ne devraient pas être criminalisées ni stigmatisées pour avoir sauvé des vies en mer. Les navires de commerce, sur lesquels on compte de plus en plus pour mener des opérations de sauvetage, ne doivent pas être poussés à transférer les personnes secourues auprès des garde-côtes libyens, ni à les faire débarquer en Libye, un pays dépourvu de ports sûrs », ont de nouveau rappelé M.M. Grandi et Vitorino.

Qualifiant de « prometteuses » les discussions concernant la mise en place d’un dispositif temporaire et prévisible pour le débarquement des personnes secourues en mer, ainsi que sur le partage des responsabilités entre États pour les accueillir par la suite, les deux agences onusiennes encouragent ces pourparlers à progresser encore, soulignant « qu’il est dans l’intérêt de tous d’adopter une approche concertée face à cette situation ».

Parallèlement, les évacuations et la réinstallation hors de la Libye demeurent une bouée de sauvetage vitale pour les personnes confrontées à une menace immédiate sur leur vie, ont- soulignés les chefs du HCR et de l’OIM.

« Nous exhortons à nouveau les États à travailler avec nous pour mettre hors de danger les réfugiés les plus vulnérables qui se trouvent en Libye », ont déclaré M.M. Grandi et Vitorino, qui se sont par ailleurs félicités des expressions de soutien à cet égard qui ont été entendues à Paris.

Le HCR et l’OIM appellent à redoubler d’efforts pour lutter contre les causes profondes qui poussent initialement les personnes à quitter leur foyer. « Tant que de multiples conflits en Afrique du Nord et en Afrique subsaharienne ne seront pas résolus et que des problèmes de développement persisteront, des personnes continueront à chercher d’autres alternatives pour elles-mêmes et leur famille ».

« Instaurer une paix durable en Libye est une priorité absolue. La communauté internationale devrait faire tout son possible pour amener les parties belligérantes à dialoguer et à trouver une solution politique en vue du rétablissement de la stabilité et de la sécurité », ont dit M.M. Grandi et Vitorino.

Distribué par African Media Agency (AMA) pour les Nations Unies.

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