La générosité des Africains envers les réfugiés ne doit pas être considérée comme acquise (HCR)

La communauté internationale ne doit pas prendre la générosité des Africains envers les réfugiés pour acquis, a déclaré lundi le chef de l’Agence des Nations Unies pour les réfugiés (HCR) lors d’une réunion informelle des membres du Conseil de sécurité organisée au siège de l’ONU à New York.

NEW YORK, Etats Unis d’Amérique, le 25 Juin 2019,-/African Media Agency (AMA)/- S’exprimant par visioconférence depuis Genève, le Haut-Commissaire des Nations Unies pour les réfugiés, Filippo Grandi, a décrit l’Afrique comme un « théâtre humanitaire », en référence au récent rapport de son agence faisant etat d’une augmentation significative du nombre de personnes contraintes de fuir en Afrique.

Et en même temps, l’Afrique est un « leader humanitaire » et un exemple positif pour d’autres régions du monde, a déclaré M. Grandi, de nombreux pays du continent défendant des politiques progressistes à l’égard des réfugiés. « Contrairement à d’autres régions, y compris celles où des pays ont plus de ressources et plus de moyens pour répondre, les frontières ont tendance à rester ouvertes aux flux de réfugiés ».

Le Conseil de sécurité doit « redoubler d’efforts » pour trouver des solutions politiques

Faisant référence au rôle du Conseil de sécurité dans la résolution des problèmes liés aux réfugiés, aux migrations et aux déplacements, M. Grandi a appelé les États à redoubler d’efforts politiques pour trouver des solutions, car, a-t-il déclaré, là où ils réussissent, – comme dans le cas relativement rare de la Côte d’Ivoire – les réfugiés et les personnes déplacées rentrent chez eux.

Le chef du HCR a conclu son intervention en rendant hommage à la solidarité manifestée par les Africains envers ceux qui sont contraints de fuir leur foyer, soulignant que, contrairement à d’autres parties du monde, cette solidarité n’était pas un sujet de débat politique: « Nous sommes redevables aux millions d’Africains ordinaires vivant dans des villages et des villes qui, par sens du devoir, par leurs traditions culturelles ou par leurs propres valeurs, gardent la porte ouverte et partagent des ressources souvent rares ».

Intervenant lors de cette réunion, Bience Gawanas, la Conseillère spéciale du Secrétaire général pour l’Afrique, a déclaré que le Conseil de sécurité avait la responsabilité de trouver des solutions cohérentes au déplacement, par opposition aux approches « cloisonnées » de la paix, des affaires humanitaires et du développement qui ne sont ni efficaces ni durables.

Mme Gawanas a déclaré que le meilleur moyen de faire face aux déplacements, était de s’attaquer aux causes profondes des problèmes, afin que les personnes ne soient pas obligées de fuir. La communauté internationale, a-t-elle poursuivi, doit écouter les jeunes qui ne veulent pas simplement de la stabilité, mais de meilleures perspectives et de l’espoir pour l’avenir.

Elle a déclaré qu’il était essentiel que le Conseil et la communauté internationale dans son ensemble continuent de soutenir les pays hôtes, à la fois financièrement et en supprimant les obstacles empêchant les réfugiés de travailler ou de s’intégrer pleinement au sein des communautés d’accueil.

La réunion informelle, intitulée ‘Répondre efficacement aux besoins des réfugiés, des personnes déplacées et des rapatriés : le rôle du Conseil de sécurité des Nations Unies et de ses membres’, a été organisée par les trois membres africains du Conseil – la Guinée équatoriale, la Côte d’Ivoire et l’Afrique du Sud – conjointement avec la Mission permanente de l’Union africaine auprès de l’ONU.

La reunion avait pour objectif de trouver des moyens d’améliorer la situation des réfugiés, des personnes déplacées et des rapatriés ; de discuter du rôle du Conseil de sécurité dans la mise en œuvre du Pacte mondial sur les réfugiés – qui fournit des orientations sur la manière de répondre aux besoins des réfugiés et des communautés hôtes – et de réfléchir comment le partenariat entre l’Union africaine et l’ONU peut avoir un impact positif sur les réfugiés et les personnes déplacées à l’intérieur de leur pays.

La réunion s’est déroulée dans le cadre des efforts internationaux importants déployés pour faire face à la crise mondiale des réfugiés. Selon le HCR, plus de 70 millions de personnes sont actuellement déplacées de force (le nombre le plus élevé jamais enregistré), dont 25,9 millions de réfugiés, 41,3 millions de personnes déplacées à l’intérieur de leur propre pays et 3,5 millions de demandeurs d’asile.

Distribué par African Media Agency (AMA) pour les Nations Unies.

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