Il est temps d’écouter les enfants : l’ONU célèbre les 30 ans de la Convention relative aux droits de l’enfant

A l’occasion de la Journée mondiale de l’enfance, les Nations Unies ont célébré ce mercredi les 30 ans de la Convention relative aux droits de l’enfant. Le Secrétaire général de l’ONU, António Guterres, a souligné qu’il s’agit du premier texte à caractère obligatoire dans lequel tous les États se sont engagés en faveur des droits naturels de chaque fille et de chaque garçon.

NEW YORK, USA, November 21, 2019,-/African Media Agency (AMA)/- « Tous les pays ont reconnu la vulnérabilité propre aux enfants et promis de leur fournir nourriture, soins de santé, éducation et protection », a rappelé le Secrétaire général dans un message vidéo pour la Journée.

António Guterres s’est félicité des progrès qui ont été accomplis depuis cet engagement, signalant que le nombre de décès d’enfants a diminué de plus de moitié et que les retards de croissance ont reculé à travers le monde. Le chef de l’ONU a toutefois souligné que des millions d’enfants continuent d’être victimes de la guerre, de la pauvreté, de la discrimination et des maladies.

« Partout, les enfants nous montrent leur force et leurs capacités de mobilisation en plaidant en faveur d’un monde plus durable pour toutes et tous », s’est félicité M. Guterres. Il a exhorté tous les pays « à tenir la promesse qu’ils leur ont faite ».

« Appuyons-nous sur les progrès réalisés et engageons-nous de nouveau à faire passer les enfants en premier. Pour chaque enfant, tous ses droits », a plaidé le chef de l’ONU.

Écouter la voix de nos enfants

A New York, des centaines de jeunes ont participé en personne ou par visioconférence à une manifestation à l’Assemblée générale de l’ONU marquant le 30ème anniversaire de la Convention.

Le Président de l’Assemblée générale, Tijjani Muhammad-Bande, a donné le coup d’envoi de cet événement. Il a mis l’accent sur la nécessité d’améliorer l’éducation pour les enfants. Selon lui, c’est un « scandale » qu’il y ait aujourd’hui 265 millions d’enfants non scolarisés : « ce sont les illettrés de l’an 2030 ».

Dans un monde où la technologie avance à grands pas, M. Muhammad-Bande a souligné la nécessité de s’assurer non seulement que les enfants soient alphabétisés, mais qu’ils aient aussi une culture numérique.

Se tournant vers les jeunes, le Président de l’Assemblée générale a affirmé : « Vous comprenez mieux que quiconque les défis auxquels votre génération est confrontée. (…) Vous êtes descendus dans la rue pour nous demander d’agir sur le climat et sur d’autres questions qui vous tiennent à cœur ». « Nous vous entendons », a-t-il dit.

M. Muhammad-Bande a exhorté les jeunes à passer à l’action dans leurs communautés et à prendre la parole lorsqu’ils font face à des défis. « C’est à nous de vous écouter et de défendre vos droits. C’est aussi une affirmation de notre humanité », a conclu le Président de l’Assemblée générale.

Notre travail est loin d’être terminé 

Prenant la parole lors de cet événement à New York, la Vice-Secrétaire générale de l’ONU, Amina J. Mohammed, a souligné que même si trente ans après l’adoption de la Convention, plus d’enfants vont à l’école, le taux de mortalité des enfants de moins de 5 ans a diminué de plus de la moitié et un plus grand nombre d’entre eux reçoivent la nourriture, l’eau et l’assainissement dont ils ont besoin, « notre travail est loin d’être terminé ».  

« Nous n’avons pas tenu nos promesses envers tous les enfants du monde, et beaucoup risquent d’être laissés pour compte », a déclaré Mme Mohammed dans un discours.

Elle a évoqué le sort des enfants forcés de quitter leur foyer en raison d’un conflit ou d’aléas naturels, qui vivent dans des bidonvilles et des villages isolés, sans dispensaires, et de ceux qui vont se coucher affamés. Elle a déploré que les enfants risquent toujours aujourd’hui d’être recrutés comme enfants soldats, étiquetés comme « terroristes », ou victimes d’abus sexuels, emprisonnés ou forcés de travailler comme esclaves.

La Vice-Secrétaire générale a appelé à redoubler d’efforts pour réaliser le Programme de développement durable à l’horizon 2030, en mettant les enfants au cœur des travaux. « Nous travaillerons avec les entreprises pour faire respecter les droits de l’enfant, trouver de nouvelles façons de dispenser des soins de santé, mobiliser davantage de ressources … et utiliser la technologie pour atteindre les enfants afin de les éduquer, les former et les préparer aux opportunités de l’avenir.  Nous travaillerons avec la communauté internationale pour rétablir la confiance, prévenir et mettre fin aux guerres et aux conflits, et jeter les bases d’une paix durable et viable », a-t-elle dit.

« Et surtout, nous travaillerons avec les enfants : pour entendre vos idées, vos voix et vos rêves pour l’avenir », s’est engagée la numéro deux de l’ONU.

Selon elle les jeunes sont « les leaders les plus importants de notre temps ». Ils exigent, « à juste titre », des mesures concernant « la crise climatique, les inégalités entre les sexes, les droits humains et les systèmes économiques qui donnent la priorité aux gains à court terme sur la santé de notre planète et de ses habitants ».

« 30 ans après la Convention relative aux droits de l’enfant, il est temps d’écouter la voix de nos enfants et d’entendre leurs appels pour que les promesses non tenues soient tenues », a conclu la Vice-Secrétaire générale de l’ONU.

Des experts de l’ONU exhortent les États à renforcer la protection des enfants

Lors d’un évènement organisé ce mercredi à Genève, plusieurs États ont réaffirmé leur engagement à améliorer la protection des droits de l’enfant face à des défis de taille tels que la discrimination, la violence, l’exploitation et la pauvreté. Ces pays figurent parmi les 51 États qui ont répondu à l’invitation du Comité des droits de l’enfant pour renouveler leur engagement envers la Convention, par de nouvelles promesses.

Plus de 200 engagements ont été pris par ces Etats pour mettre en œuvre la Convention, notamment en protégeant les enfants contre la violence, en veillant à ce que leurs opinions soient respectées et en sensibilisant le public aux droits des enfants.

La Haut-Commissaire des Nations Unies aux droits de l’homme, Michelle Bachelet, a insisté sur les enjeux de l’application de la Convention au 21e siècle. « Dans un monde aux prises avec les effets du changement climatique et un environnement numérique en mutation rapide, des millions d’enfants sont toujours laissés pour compte », a-t-elle dit.

De son côté, le Comité des droits de l’enfant a souligné qu’il était essentiel que les États profitent de cet anniversaire pour renforcer leur engagement en faveur de la promotion et de la protection des droits de l’enfant, à la lumière de ces défis.

« J’espère que ces pays montreront à tous les États l’importance de réfléchir à la manière dont ils font de la Convention une réalité pour tous les enfants, partout dans le monde », a dit Luis Pedernera, Président du Comité.

L’expert indépendant onusien a appelé tous les États à ratifier les Protocoles facultatifs à la Convention et exprimé l’espoir d’une ratification universelle.

Les États parties à la Convention ont l’obligation de respecter et de protéger les droits de tous les enfants vivant sous leur juridiction. Tous les États du monde, à l’exception des États-Unis, ont ratifié la Convention, ce qui en fait l’accord sur les droits de la personne le plus universellement accepté de l’histoire.

Renforcer la protection de la jeunesse sur internet

A Paris, l’UNESCO a également célébré le trentième anniversaire de la Convention des droits de l’enfant en présence de 400 jeunes, lors d’une conférence intitulée « Il est temps d’agir ».

Lors de son discours d’ouverture, le Président français Emmanuel Macron a déclaré : « Nous avons besoin de protéger la vie privée et les données personnelles des enfants, de protéger nos enfants contre le cyber harcèlement et la haine en ligne ».

Appelant à « une nouvelle forme d’engagement international (…) pour faire face à des acteurs qui sont internationaux », M. Macron a fait part de la volonté de la France « d’aboutir en 2020 à une nouvelle déclaration politique internationale sur la protection des enfants dans le monde numérique ».

La Directrice générale de l’Organisation des Nations Unies pour l’éducation, la science et la culture (UNESCO), Audrey Azoulay, a jugé « essentiel de faire porter l’effort en matière d’éducation sur le développement de l’esprit critique ».

La conférence entendait mettre en avant la parole des jeunes présents qui avaient été sélectionnés lors d’une consultation organisée par le Défenseur des droits de la France et le Réseau des écoles associées de l’UNESCO.

L’un d’entre eux, prénommé Ritchie et se présentant comme appartenant à la communauté des Gens du voyage, a lancé un vibrant appel à lutter contre les discriminations à l’école, trop d’élèves étant encore victimes de harcèlement en raison de leur apparence ou de leur origine.

« La jeunesse a le devoir de se lever pour défendre ses droits et lutter pour un monde plus juste », a-t-il ajouté sous les applaudissements.

La Ministre de l’éducation nationale de la Côte d’Ivoire, Kandia Camara, figurait parmi les participants aux échanges avec les jeunes, ainsi que la vice-présidente du Comité des Nations Unies des droits de l’enfant, Amal Aldoseri, et la Rapporteure spéciale de l’ONU sur le droit à l’éducation, Koumbou Boly Barry.

Distribué par African Media Agency (AMA) pour les Nations Unies.

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