COVID-19 en Afrique, de la vague sanitaire à la vague économique ?

PARIS, France, le 30 Mars 2020,-/African Media Agency (AMA)/- Après avoir été épargné par la pandémie mondiale du COVID-19, le continent Africain subit lui aussi l’aggravation de la situation sanitaire avec de nouveaux cas toutes les 24 heures. A l’image de la décision de l’Afrique du Sud, le confinement total dès aujourd’hui (27/03/2020) à partir de minuit, tous les gouvernements africains agissent et sensibilisent leur population sur ce combat planétaire.

Pour éviter un désastre sanitaire qui s’ajouterait aux autres difficultés, certains pays ont adopté des mesures strictes de confinement comme le Rwanda et le Ghana. Au Rwanda, les autorités demandent à la population de respecter individuellement les « mesures barrières ». Au départ, les usagers des transports avaient l’obligation de se laver les mains pour rentrer dans les bus, ils utilisaient des lavabos portatifs et du savons mis à leur disposition dans les espaces publics, désormais, c’est le confinement qui est appliqué : Fermeture des écoles et des lieux de culte pendant 15 jours. Madagascar a préfèré anticiper pour éviter d’être dépassé. Avant d’avoir des premiers cas de contamination, le Gouvernement a décidé la suspension des vols vers l’Europe et le confinement individuel pendant 15 jours.

La lutte contre la diffusion du virus COVID-19 est une priorité pour une majorité de pays, toutefois certains pays ont pris des mesures très incomplètes. La Guinée a interdit les rassemblements de plus 100 personnes, ce qui n’est pas encore respecter par la population et par certains membres de l’opposition qui continuent d’organiser des réunions publiques.  

En nombre absolu, l’Afrique est le continent qui est le moins touché avec 2746 personnes infectées. Les Africains déplorent toutefois déjà 72 décès et une diffusion de plus en plus large du virus : 334 cas supplémentaires en seulement 24h (Du 25 au 26 mars 2020) Les inquiétudes se portent sur les pays du Maghreb et sur l’Afrique du Sud qui sont les plus touchés.  (Bilan du 26 mars 2019)

Le coup d’arrêt de l’économie au niveau international limitera fortement les investissements des principaux partenaires de l’Afrique, notamment ceux de la Chine, de l’Union européenne et des États-Unis qui sont aujourd’hui les principaux foyers de diffusion du virus. La chute du cours du pétrole est une mauvaise nouvelle pour les pays africains exportateurs comme le Nigéria, l’Angola et l’Algérie. Le prix du baril est passé en 3 mois de 71 à 25 euros, ce qui diminue dans le même coup les recettes de ces États.

Certains pensent que l’Afrique est moins touchée par le virus grâce aux conditions environnementales du continent, la chaleur serait un obstacle contre cet « ennemi invisible ». Aucune preuve scientifique n’a été apportée à l’heure actuelle, la connaissance du virus est d’ailleurs incomplète, ce qui affaiblit la capacité des États à anticiper. Toutefois, il est possible que les pays d’Afrique aient été protégés par leur position actuelle dans la mondialisation : Les échanges internationaux se concentre majoritairement autour des trois premiers marchés du monde : L’Union Européenne, les États-Unis et la Chine. Les échanges économiques de l’Afrique vers le reste du monde sont bien moins importants et préservent peut-être le continent des foyers actuels de la pandémie.

Toutefois, comme le virus COVID-19 est déjà présent dans la majorité des territoires africains, les systèmes de santé peuvent être durement éprouvés car ils doivent aussi mener leur lutte contre des maladies qui affaiblissent déjà les populations. Le paludisme, la dingue, la tuberculose et d’autres maladies monopolisent les autorités sanitaires qui mènent une « guerre journalière» qui n’a pas commencé au mois de décembre.

Les Africains peuvent prendre une place centrale dans le nouveau système international qui naîtra après la crise durant laquelle les démocraties occidentales sont lourdement remises en question, notamment au niveau de leur fonctionnement, de leurs valeurs et de leur philosophie, en partie pensés à la fin de la seconde guerre mondiale. Si le continent jugule l’épidémie dès le début, il pourra être en position de force au niveau international pour gagner “des parts” dans le système mondial de demain. Avec une production et une consommation mondiale à l’arrêt, il faut s’attendre à un rebond post-crise et à un besoin urgent et important de tous les pays du monde en termes de matières premières. Compte tenu de ses réserves et de la prochaine demande venant de l’occident, l’Afrique pourra imposer ses conditions et ses prix si elle prépare dès maintenant sa stratégie économique.

Distribué par African Media Agency (AMA) pour Afrique Business Info.

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